Jeudi 26 janvier 2006
Je commence à collectionner les cartes.

De visite d'abord : c'est très courant par ici, et beaucoup de monde possède son petit stock de cartes de visite, du marchand de faux du fake market au vendeur de dvd. Pour constituer son réseau (guanxi), on donne facilement sa carte de visite. Achat obligatoire donc, le livret à carte de visite, qui se remplit très vite.

J'ai donc fait faire les miennes ! Au passage, je me suis fait attribuer un nom chinois : He Wen... en gros, j'ai cru comprendre que c'est celui qui voit et qui entend (comme The Sentinel, oui :D)

Bien pratique, je vais commencer à pouvoir rendre la pareille quand on m'en donne une.






Deuxième chose, j'ai eu mon visa définitif aujourd'hui, business de 6 mois, ce qui m'a permis d'ouvrir mon compte bancaire chinois. Attente, dix minutes, le temps de remplir le formulaire, de taper 10 fois (!!) le code à 6 chiffres que l'on souhaite pour sa carte et hop. Chose intéressante à savoir, les banques ne peuvent apparamment pas délivrer de vraies visa ou mastercard, permettant de payer à l'étranger ! Protectionnisme financier, quand tu nous tiens...




Pour voyager efficacement dans le métro, et éviter d'acheter une carte à chaque voyage, on prend au guichet une carte à 30 RMB sur laquelle on met du crédit. Un voyage coûte entre 3 et 5 RMB. Un peu façon Imagin'R, il suffit de passer la carte sur un detecteur magnétique pour que soit facturé le trajet. En revanche, pour faire comprendre à la guichetière, bon courage...






Enfin, et je sais que je vais faire des jaloux, je suis l'heureux possesseur de la carte VIP Platinum Mc Donald's, présentée dans son étui rouge vermillon, qui me permet de payer toutes mes folies avec le crédit mis dessus ! L'interêt ? Aucun, si ce n'est de se faire mousser en société !

Et puis, depuis le temps que j'en rêve...

Mardi 24 janvier 2006
Ce qui surprend lorsqu'on arrive à Shanghai, c'est le contraste entre vétusté parfois médiévale, saleté de certains quartiers, et modernité. Tradition, comme ce temple de Jingan (notre quartier), et derrière une tour au design ultra moderne.

Ce contraste, on le retrouve dans la circulation, lorsque les vélos rouillés zigzaguent entre les 4x4 tout neufs de marque américaine.

Et même dans le système politique, avec au sein d'un régime communiste, le plus grand capitalisme (fiscalité très favorable, libre concurrence) ce qui aboutit à certaines dérives : conditions de travail difficiles, car, on le verra plus tard, la vie humaine n'a pas grande valeur.

Autre exemple, il se dégage de cette ville, même si la grande majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, une sensation de sécurité que je n'ai jamais connu, bien meilleure qu'à Paris, ou même qu'à Budapest...
Samedi 21 janvier 2006
Pour donner des ailes à notre connection internet (une prise RJ45 dans le mur), nous nous devons de retourner à l'Electronic market afin de faire l'acquisition d'un routeur wifi (25 euros neuf, gros investissement)

D'autre part, j'ai aussi décidé de donner un aspect plus immersif à ce blog, en le transformant en videoblog. J'ai commencé les prises, ca devrait tomber début février. J'ai donc besoin d'un câble firewire (négocié à 2 €, contre... 13€ chez Cdiscount).

Finalement, ça s'est transformé en shopping. Piégé par le Fake Market d'à coté, j'ai craqué pour des Puma, une chemise Armani et un jean (Armani). J'ai fait le fou... dire que j'étais déjà hors budget... Total des achats 18,5 €

On a encore tiré sur la corde au maximum, on se faisait traiter de "joker", jusqu'à rencontrer un jeune vendeur qui a compris qu'on était là pour un moment, et qu'il valait mieux penser long terme. Jeune et dynamique, Bo (c'est son nom), s'est même lancé dans le e-commerce. Son site ne marche pas actuellement (www.goo99.com), mais il nous a annoncé qu'il pouvait envoyer à l'international.













Pour ceux que ça intéresse, j'ai trouvé une liste de prix du fake market ici.
Mercredi 18 janvier 2006
Aujourd'hui, j'ai pu découvrir lors de mon premier repas d'affaires de nombreuses coutumes différentes.

Première chose, tout le monde, du patron au chauffeur (oui oui, pas de dicrimination), se place autour d'une grande table dans une salle à part, avec un grand plateau rotatif sur lequel passe les plats, où chacun se sert et porte directement les aliments à sa bouche avec les baguettes.

Ensuite, les règles ne sont pas les même qu'en France pour le repas. On fait du bruit en mangeant, on ne ferme pas la bouche quand on mâche. N'importe qui peut recevoir un coup de fil et décrocher à table, ça ne gênera pas les autres. Il est possible de quitter la table sans prévenir.

Enfin, il faut trinquer. Mais pas une fois, en début ou fin de repas, mais en permanence ! En train de déguster du canard laqué, j'aperçois du coin de l'oeil un chinois qui me regarde avec un grand sourire, le verre levé. Un autre suit, je trinque avec les deux. Le temps de porter à ma bouche un autre morceau de ce succulent canard, le patron d'en face me refait le coup. Et ainsi de suite... tout le repas. Il a fallu aussi que je rende la pareille, pour ne pas être malpoli :)

Clou du repas, un plat de fourmis noires aux pignons passe. Grand sourire de mes hôtes qui me donnent une grosse cuillère, en me disant en chinois que c'est très bon, que j'aurai tort de ne pas essayer. Les regards se tournent vers moi... *cronch*

Il ont essayé de me caser avec une jeune fille de la team d'en face, et demandé combien j'avais de copines... normal !

On nous a aussi fait visiter la petite ville qui nous recevait. Trois millions d'habitants, tout de même.
Lundi 16 janvier 2006
SylvainCe qui est bien ici, c'est que la nourriture ne coûte pas très chère, et que les petits magasins sont ouverts tout le temps.

Tous les soirs quasiment, on va donc dans notre petit magasin préférés pour se ravitailler pour le soir en bières, noodles et autres.

Première information culinaire du séjour, les Noodles et la Bière.

Les noodles coûtent entre 0,05 et 0,50 centimes d'euros, et pour ceux qui ne connaitraient pas ce repas délicieux et fort pratique, ce sont des pâtes déshytratés dans lesquelles on ajoute des sachets d'aromes, de morceaux divers et de sauce, puis de l'eau bouillante. En 1 minute, c'est prêt à consommer !

On en trouve ici aux crevettes, au boeuf, aux lardons (!), même canard et légumes. C'est la seule alternative actuelle aux fast foods et autres all you can eat locaux. Faire la cuisine ici, c'est un peu compliqué (eau du robinet bizarre, les produits communs pour nous le sont pas ici, et au final ça revient plus cher que de diner dehors)
Les plus hauts de gamme sont fournies avec leur bol, et même des baguettes pour certaines.

Avec ça, rien de tel qu'une bonne bière chinoise, en bouteille de 65 cl :p
Dans l'ensemble, elles sont plutôt correctes, et on trouve pas mal de marques occidentales (Heineken, Beck's, Corona...) On s'est focalisé sur la Reeb pour l'instant, correcte et pas chère (0,29 € en bas de la maison...)
Vendredi 13 janvier 2006
Scottie, toujours d'aussi bon entrain, nous conseille de prendre des téléphones portables. Pour celà, il faut aller à coté du Fake Market, dans une sorte de foire de l'électronique. Ca tombe bien, on voulait justement aller vers un tour de ce coté là :)

On se fait écrire le nom de l'endroit sur un papier, et on fait signe à un taxi libre. Petite balade au passage et on arrive.

A peine le temps de descendre que des rabatteurs s'agglutinent autour de la porte en nous montrant des catalogues de montres, sacs et autres faussetés.
"Watch ? bags ? shoes ? dvd ?" Manque plus que les massages...

D'un pas ferme et avancé, on refuse poliment, et on rentre dans le marché à proprement parler. En effet, il y a de tout. Portefeuilles, chaussures, montres, manteaux, tee-shirts, pantalons, costumes, dvd, sacs, pulls, polos, caleçons, briquets... Tout est disponible dans sa déclinaison la plus illégale.

Sylvain s'approche d'une petite vendeuse de maroquinerie, en me demandant si je veux un nouveau portefeuille. Pourquoi pas ? Je vois un Cerrutti plutôt pas mal, je demande un prix. Elle sort sa calculette (classique !)... 400 RMB (soit 40 €). Ca me parait un peu cher quand même, mais bon. Sylvain attaque la négociation... 20 RMB (soit 2 €)

La vendeuse est choquée, moi aussi. Elle marque 200 sur la calculette, sylvain retape 20, elle fait semblant de ne pas vouloir, et ainsi de suite. Il finit par taper 35 en ajoutant un deuxieme portefeuille pour lui, elle se mets presque à pleurer en disant que c'est pas possible. Soit, on fait quelques mètres, juste assez pour l'entendre crier "ok ! OK !"
Tant pis pour elle, on repassera si on en a envie, il y en a d'autres...

La journée continue comme ça, en atteignant à chaque fois le point de rupture ou le vendeur va dire que c'est pas possible, qu'il perd de l'argent etc... ils finissent une fois sur deux par nous rattraper pour dire d'accord. L'important étant de se dire qu'il y en a un autre dix mètres plus loin, et ils le savent.
Comme on a des têtes de touristes, les autres nous harcèlent pour nous proposer de visiter leur boutique. A un moment, on décide de tester si TOUT est disponible. "Fake euros ? you have fake euros ?" Le vendeur ne comprend pas mais nous emmène dans une boutique. Autour de 4 chinois, nous tentons de leur expliquer le concept de fausse monnaie. Le message passe au bout de quelques minutes de signes. Stupéfaction autour de la table. Choqués, ils nous regardent comme si on était des violeurs d'enfants, l'air de dire "on fait pas ça nous, on est des gens honnêtes". Sacrés chinois...

On se trouve des tee-shirt Diesel de très bonne qualité (12 € les trois, rude négociation), et on file vers l'electronic market.

Quatre étages dédiés au matos. Câblage, alimentations, batteries, téléphone, hifi, informatique, tout est disponible. Ils me trouvent un chargeur spécialement pour ma batterie de caméra en 2 minutes.

Pareil, négociation sévère, toujours le même scénario. On récupère deux portables chacun, des Sony Z5, pour 280 RMB et 225 RMB (Sylvain et meilleur que moi en négociation). Naivement, je crois que c'est des vrai. Pas du tout, Sylvain me montre que la police du logo n'est pas la bonne. Ah.. les futés.

Tellement futés qu'on s'est complètement fait enfler. Mon micro ne marche pas, et le portable de Sylvain s'éteint quand il compose un numéro. Pratique...

Heureusement, roublards mais réglos, ils nous les changent le lendemain, on teste le matos cette fois, c'est bon (je change de téléphone au passage).

Le temps de voir un stock de pompes Adidas partir en pleine rue à 30 RMB la paire, on est de retour à l'appartement.
Jeudi 12 janvier 2006
La suite de notre recherche s'est mieux déroulé.

Après avoir décidé de se passer des services de notre premier agent, nous décidons de faire confiance à Scott, un autre housing agent, qui nous avait envoyé un mail plutôt complet et précis.

Rendez vous pris, nous rencontrons Scott, assez vite surnommé Scottie, d'un tout autre genre. Anglais impeccable, rapide efficace, sans mentir sur les distances.

Les visites s'enchainent, et on finit par concentrer nos recherches sur un quartier, Jinan Temple, et tout particulièrement, une résidence, "Chez Moi". Piscine couverte, salle de sport, court de tennis... des magasins H24 tout autour, 10 minutes du métro, 7 minutes des McDo, Burger King et Pizza Hut, trois vendeurs de dvd en bas, des boutiques de cds, un supermarché, et on est à pied de pas mal de bars et boites.

Ce sera "Chez Nous" !

On a pas mal galéré pour trouver un truc qui nous fasse rêver, dans lequel on ait tout de suite envie d'habiter. Les chinois sont étaient pas très chauds sur une durée de bail de 6 mois, on tirait les prix au maximum, sans vouloir lâcher plus d'un mois de caution. Au total, on a vu entre 20 et 25 appartements.

Finalement, aujourd'hui, on signe un bail de six mois à une chinoise mariée à un Taïwanais qui possède l'appart, en échange de 3 mois de loyer en avance et un mois de caution, soit 2240 euros à donner en liquide. Nos petites cartes bleues apprécient moyennement la sanction.

On en tire une partie, et on négocie une semaine de délai pour payer, sans quoi elle peut nous mettre dehors en gardant la caution. Bonne pression...
Et le petit plus, elle ne mettra le deuxième lit qu'à récéption du paiement. J'ai gagné une semaine à dormir dans le salon sur un canapé. Ca tombe bien, je commence mon stage lundi !
Mardi 10 janvier 2006
Apres 14 heures d'avion et un changement de 15 minutes a Heathrow, nous sommes arrivés, Sylvain et moi, à Shanghai, à 9h40.

Les 3 films, les 2ème repas en bonus, les 7 verres d'alcool ne nous avaient permis de ne dormir qu'une heure, mais c'est plein d'entrain que nous sortîmes de l'avion.

Première claque. De la passerelle qui nous amène a l'aeroport, le mur en ailettes du terminal s'étend sans qu'on puisse en voir la fin, à droite comme à gauche.

La sortie de l'aéroport se fait rapidement, après le passage devant la caméra thermique (grippe aviaire), et les trois bureaux de validation de notre arrivée (sanitaire, inscription, douanes)

Un taxi nous emmène a l'hôtel Astor House. Il fait chaud dans l'habitacle, et un épais brouillard limite la vue. Pas de ceintures a l'arrière, collé a la voiture de devant a 90 km/h, le chauffeur, derrière sa vitre en plexiglas, zigzague entre les camions sans clignotants.
 
Premières images de Shanghai. C'est Sim City. Des immeubles de 30 étages copiés colle les uns  à côté des autres, jusqu'à 20 fois le même !

25 minutes plus tard, on arrive dans un luxueux hotel ou un groom s'empresse d'emmener nos bagages devant le guichet. Je commence à dire à Sylvain que on a peut être tapé un peu haut, en voyant la carte de chambre, premier prix 68 euros.

La chambre "routard", comme prévu n'existe pas selon la réception, même si elle est repertoriée sur plusieurs sites web et que Sylvain y est allé l'année dernière. A force de négociation, on arrive à 20 euros la chambre pour deux.

On monte au 6ème avec le groom. Je comprends au moment ou la porte de l'ascenseur s'ouvre pourquoi c'est moins cher. Un peu sale, une ambiance chambre de bonne, des toilettes et baignoire dans un état lamentable pour tout l'étage. On espère trouver rapidement un appartement. Ceux qui ont vus la première scène de Apocalypse Now, où Martin Sheen délire dans une chambre de Saïgon, saisiront l'ambiance de la chambre (*guitares* "This is the end... my only friend, the end.")

Le temps de cacher nos laptops et le projecteur sous les lits, et nous quittons cet endroit à la rencontre du premier guide pour trouver un appart.

Le calvaire commence... il nous promène dans tous le nord de la ville, en nous disant à chaque fois que l'on s'inquiète "five minutes", alors qu'il disait la même chose 20 minutes avant. Les rues dans lequels on passe sont petites, avec des chinois qui préparent des raviolis dans des endroits innommables pour un restaurant (disons que je préfére manger par terre sous la pissotière d'une boîte de nuit à la fermeture), et d'autres qui les consomment. On visite des endroits absolument glauques, dans des immeubles en décomposition.

La nuit blanche commence à se faire sentir, toujours pas de déjeuner, vers 16 heures, Sylvain est sur le point de craquer et de prendre le guide entre quatre yeux. Je le calme, et heureusement, les apparts que l'on voit sont de mieux en mieux, mais toujours un peu loin, dans des quartiers pas terribles. C'est bien le typique et le traditionnel, on en veut, mais pas au point de se taper 30 minutes de vapeurs et friture de boui-boui à l'hygiène lamentable pour atteindre le métro le plus proche.

Epuisés, on lui refuse une dernière visite vers 20h30, et on le quitte, en lui assurant qu'on l'appelera demain en début d'après midi. Non, on ne l'a jamais rappellé. Faut pas nous prendre pour des touristes non plus :)

Sylvain trouve la force de m'emmener à People's Park, un parc (oui oui, je parle anglais ;)), avec un mall énorme, plein de boutiques, restaurants etc... Je prends encore une claque (catalysée par la nuit blanche et la fatigue), hypnotisé par l'écran d'au moins 25 mètres de coté, les lumières, la taille des buildings, et surtout, le contraste avec notre journée dans les petites rues old school.

On entame une dernière ligne droite en s'engageant dans la rue touristique/commerciale de Shanghai, Nanjing Rd, style New York, avec une bouteille de Coke toute en lumière de la taille d'un immeuble, des pub lumineuses partout, des écrans... et des rabatteurs pour des salons de massage. Et oui, même principe qu'à Budapest, mais en plus agressifs.

Tous les 10 mètres, un type arrive "hey, massage, sex mmm", et autre "special price, girls..", en nous suivant sur plusieurs mètres (parfois plusieurs en même temps). C'est l'inconvénient d'être européen. Les mendiants et les vendeurs de fausses Rolex sont presque accueillis avec le sourire, du coup.

On termine notre première journée sur un McDonald's. Je prends deux menus (à 1,50 euros le menu, je vais pas me priver :p), nous rentrons à l'hôtel, dodo.
 

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